Rôle des systèmes financiers informels dans le financement des activités socio-économiques des ménages agricoles en milieu rural congolais : Une étude empirique du territoire de Kabinda (RDC)

Authors

  • NYEMA LUBO FRANCOIS
  • BERTIN KATAMBUE LUBO
  • Jean Faustin BOLINGOLA
  • Benjamin BEMBONGA

DOI:

https://doi.org/10.5281/zenodo.21263379

Keywords:

finance informelle, inclusion financière, ménages agricoles, économie rurale, capital social, tontines, développement rural, RDC.

Abstract

L’accès au financement constitue l’un des principaux défis du développement rural en Afrique subsaharienne, particulièrement dans les zones où les infrastructures bancaires restent insuffisantes et où les populations rurales demeurent exclues du système financier formel. En République Démocratique du Congo (RDC), cette exclusion financière touche principalement les ménages agricoles vivant dans les territoires ruraux, dont les activités économiques reposent essentiellement sur l’agriculture familiale et les échanges communautaires. Face à cette situation, les systèmes financiers informels apparaissent comme des mécanismes alternatifs de mobilisation de ressources, d’épargne et de crédit.
Le présent article analyse le rôle des systèmes financiers informels dans le financement des activités socio-économiques des ménages agricoles du territoire de Kabinda, dans la province de Lomami. L’étude vise à comprendre les mécanismes de fonctionnement de ces systèmes, leurs effets sur les activités agricoles et sociales des ménages ainsi que leurs limites structurelles.
L’approche méthodologique adoptée est mixte, combinant les méthodes quantitatives et qualitatives. Les données ont été collectées auprès de 300 ménages agricoles à l’aide de questionnaires structurés, d’entretiens semi-directifs et d’observations directes. Les analyses statistiques descriptives et économétriques ont permis d’évaluer l’influence des systèmes financiers informels sur le financement rural.
Les résultats montrent que les tontines, les prêts communautaires, les réseaux familiaux et les groupes de solidarité constituent les principales sources de financement des ménages agricoles. Les analyses économétriques révèlent un effet positif et statistiquement significatif des systèmes financiers informels sur le financement des activités socio-économiques des ménages agricoles (R² = 0,68 ; p < 0,05). Les tontines apparaissent comme la variable la plus déterminante dans l’amélioration de la capacité de financement des ménages.
L’étude démontre également que ces mécanismes favorisent la résilience économique des ménages face aux contraintes de liquidité, aux chocs agricoles et à l’absence d’accès au crédit bancaire. Toutefois, les systèmes financiers informels restent limités par la faiblesse des capitaux disponibles, l’absence de garanties juridiques, les risques de défaut et le manque d’encadrement institutionnel.
L’originalité de cette recherche réside dans l’analyse empirique des interactions entre finance informelle, capital social et financement rural dans un contexte congolais peu documenté dans la littérature scientifique. Cette étude contribue ainsi à enrichir les travaux sur l’économie monétaire et financière en milieu rural africain.

Published

2026-07-08

How to Cite

NYEMA LUBO FRANCOIS, BERTIN KATAMBUE LUBO, Jean Faustin BOLINGOLA, & Benjamin BEMBONGA. (2026). Rôle des systèmes financiers informels dans le financement des activités socio-économiques des ménages agricoles en milieu rural congolais : Une étude empirique du territoire de Kabinda (RDC). Revue Internationale De La Recherche Scientifique Et De l’Innovation (Revue-IRSI), 4(4), 1381–1390. https://doi.org/10.5281/zenodo.21263379