Requalification d'un paysage post-minier à usages récréatifs informels en contexte urbain : diagnostic environnemental et perceptions sociales du site de Kichangalayi à Kipushi (RDC)
DOI:
https://doi.org/10.5281/zenodo.21458501Keywords:
site post-minier, requalification paysagère, pollution métallique, perceptions sociales, usages récréatifs, Kipushi, République Démocratique du CongoAbstract
Dans les villes minières africaines, les espaces hérités de l'après-mine constituent à la fois des passifs environnementaux majeurs et des réserves foncières susceptibles de faire l'objet de nouvelles appropriations sociales et paysagères. Le site de Kichangalayi, localisé à Kipushi dans le Haut-Katanga, constitue un ancien espace de rejets miniers aujourd'hui marqué par une forte dégradation écologique, mais également par une fréquentation sociale croissante. Cette étude vise à caractériser les composantes biophysiques, chimiques et socio-fonctionnelles du site, ainsi qu'à analyser les perceptions des riverains et des visiteurs concernant son état de pollution, ses usages actuels et ses possibilités de requalification. La démarche méthodologique combine des observations de terrain, une cartographie de l'occupation du sol, des analyses physicochimiques d'échantillons de sols et d'eau, ainsi qu'une enquête par questionnaire auprès de 96 usagers, avec traitement statistique par analyses de proportions et tests du khi-deux.Les résultats montrent que le site est caractérisé par une prédominance de sols nus, une végétation clairsemée, des ravines d'érosion, des cratères et une contamination multimétallique marquée. Les sols présentent notamment des teneurs élevées en cuivre, nickel, manganèse, cadmium et zinc, tandis que les eaux révèlent la présence d'arsenic et de sélénium.Malgré ces contraintes environnementales, Kichangalayi fait l'objet d'usages récréatifs, contemplatifs et spirituels variés, tels que la promenade, le football, la photographie et la prière. Les riverains perçoivent significativement davantage les signes de pollution que les visiteurs, alors que ces derniers valorisent surtout les dimensions paysagères et ludiques du lieu. Ces résultats montrent que Kichangalayi doit être considéré simultanément comme un site à risque et comme une ressource territoriale. Sa requalification devrait dès lors s'appuyer sur une stratégie progressive articulant sécurisation environnementale, restauration écologique des secteurs les plus vulnérables et aménagements sobres compatibles avec les capacités réelles du milieu.



















